Martine,
À ma tite sœur (c’est comme cela que je l’appelais).
Souvenirs d’il y a bien longtemps déjà. Nous étions très jeunes. Nos parents avaient acheté une maison dans un nouveau quartier de Troyes, du côté des Chartreux. Nous habitions dans une rue en forme de fer à cheval ; les deux extrémités de cette rue donnaient sur le boulevard Édouard Herriot, et toutes ces routes étaient encore en terre.
Nous avions un gros chat roux nommé « Moustique » — c’était son nom. Il était le seul chat du quartier, et tout le voisinage le connaissait.
Un jour pas comme les autres, ce chat traversait le boulevard Édouard Herriot. Il n’y avait pas beaucoup de véhicules à cette époque, mais il est passé un peu trop près de l’un d’eux et, malheureusement, il a perdu la vie.
Un camarade du quartier est venu nous dire que le chat ne respirait plus. Alors, avec ma complice Martine, qui pleurait, nous avons ramené le chat par la queue et, avec Papa, nous l’avons mis dans le jardin, afin qu’il repose auprès de nous.
Avec ma tite sœur Martine, nous avons fait notre communion solennelle le même jour, le 12 juin 1960, dans la belle église Notre-Dame-des-Trévois, à Troyes.
De ma tite sœur Martine : surprise de Martine et Denise, ma future épouse, pour la réalisation de la robe de mariée de Denise, confectionnée par Martine, notre grande couturière de l’époque. Impossible de savoir où se ferait la réalisation de cette robe — « top secret ». Et à la fin, 42 boutons au total dans le dos (rire de Martine).
Puis la vie nous a séparés quelques années (le mariage, une mutation pour le travail). Et puis nous nous sommes retrouvés, ma tite sœur Martine et moi, pour nous occuper de Papa pendant quelques années, Papa qui avoisinait les 100 ans.
Ma tite sœur Martine, je te dis au revoir. Je te promets d’avoir toujours une petite pensée pour toi.
Philippe, ton « petit frère », comme tu le disais si bien.
