Un mois : le mur, l’absence et l’horizon
Le choc de la réalité
Il y a exactement un mois, ma vie changeait de dimension. On dit que le temps aide. Pourtant, ce matin, dans le métro, j’ai pris le mur en pleine face. Une prise de conscience brutale : trente jours sans toi.
Les souvenirs ont surgi sans prévenir, impossibles à freiner, me rappelant que le deuil n’est pas une ligne droite.
Mon beau-frère m’avait prévenu : le plus difficile, ce sont ces oscillations permanentes entre les hauts et les bas. Aujourd’hui, je suis au plus bas. Mais je refuse le déni. J’ai choisi d’accueillir cette douleur, de la laisser s’exprimer, de la partager avec mes proches. C’est ma manière d’avancer, pas à pas.
Une réussite au goût inachevé
Ironie du sort, ce mois de vide coïncide avec l’aboutissement d’un cycle majeur de ma vie professionnelle. Après cinq années d’efforts constants, mes nouvelles responsabilités dans l’IA et la Data portent enfin leurs fruits.
C’est un tournant, un défi que j’ai préparé de longue date, et pourtant, j’ai un mal infini à l’apprécier pleinement.
Le premier réflexe , celui qui ne s’est pas encore éteint , serait de t’appeler pour te raconter cette victoire. J’aurais tant aimé la partager avec toi, Maman. Ton regard de battante, ton pragmatisme forgé par trente années de carrière, auraient donné à ce succès une tout autre saveur.
Le vide de nos échanges
Ce qui me manque le plus, c’est l’absence de ces rendez-vous invisibles qui rythmaient mon quotidien :
- Ces appels presque quotidiens, devenus mes repères.
- Nos discussions passionnées sur la politique ou l’économie, où ton esprit critique m’obligeait à affiner mes propres convictions.
- Et ton intensité : cette capacité à débattre, à ne pas être d’accord, tout en restant dans le partage et l’authenticité.
L’immortalité par le souvenir
Je repense souvent aux mots de Yony, citant One Piece : un homme ne meurt vraiment que lorsqu’il est oublié.
Et je garde précieusement cette pensée de Doris Lussier, que Nicole m’a transmise :
« Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, c’est un immortel qui commence.
Celui que nous avons aimé et que nous avons perdu n’est plus où il était, mais il est partout où nous sommes. »
Maman, tu es là.
Dans chaque décision que je prends.
Dans chaque défi que je relève.
Le temps fera son œuvre, mais ton empreinte est indélébile.
Je ne te dis pas adieu.
Je te dis à bientôt.
Nico
