Martine — Maman, Mamie — est née en 1949 à Reims.
Très rapidement, elle affirme son caractère indépendant, sa générosité et son soucis de l’autre. Elle donne naissance à son premier enfant en 1973, Nicolas, puis à son second en 1974, Vincent. Nous recevons une éducation à son image, fondée sur des principes et des valeurs : la liberté de choisir et l’affirmation de notre autonomie.
Les circonstances de la vie la conduisent à reprendre une activité professionnelle, et c’est aux Pages Jaunes, dans les années 90, qu’elle va s’affirmer comme une commerciale hors pair, puis rapidement comme manager d’une équipe de vente. Elle y passera 30 ans, où son pragmatisme et son caractère de battante deviendront sa marque de fabrique.
Maman était une femme extraordinaire.
En 2000, elle devient grand-mère avec l’arrivée d’Alexia. Puis en 2001 avec Yony, en 2002 avec Lou Ann, en 2003 avec Eden, et enfin en 2005 avec Prunelle. Elle sera ainsi grand-mère à cinq reprises. Elle était immensément fière de ses cinq petits-enfants :
Alexia et sa fibre artistique, Yony et son esprit frondeur, Lou Ann et son dévouement à la médecine, Eden et son caractère de battante, et Prunelle, et son attirance pour les voyages, notamment les États-Unis. Les enfants, vous êtes tous l’incarnation de votre Mamie : La combativité, l’implication, le dynamisme, l’esprit d’initiative et la découverte.
Comme nous y invite le Deutéronome : « Ces paroles que je te donne aujourd’hui seront dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils »
En 2011, elle rencontre enfin l’amour de sa vie : Gilles. Ensemble, ils ont partagé une vie riche de voyages, de découvertes et de moments heureux. Maman l’aimait profondément et me parlait souvent de lui. Avec lui, elle était heureuse, encore plus pétillante. Merci Gilles.
En 2012, elle quitte les Pages Jaunes pour entrer pleinement dans une nouvelle étape : la retraite. Enfin… des Pages Jaunes, il en reste encore beaucoup à la maison : entre les stylos, les blocs-notes et les porte-clés », disait-elle en souriant, montrant à quel point cette période comptait pour elle.
En quelques mois, elle change de rythme et de vie : elle remplace les réunions et les objectifs commerciaux par la salle de sport, le cinéma avec les amies, les spectacles et musées avec Gilles, et surtout la marche à pied — 10 à 15 000 pas par jour, dès le début de sa retraite et jusqu’à aujourd’hui. Et il y avait même entre nous des concours de marche à pied. Je me souviens de ce jour où Mekdes et moi avions battu son record avec 29 000 pas. Fier de moi, j’ai fait l’erreur de lui envoyer un message à 22h avec la capture d’écran de mon téléphone — je fanfaronnais un peu. Quelle erreur !
À 23h59, je reçois un nouveau message de Maman et de Gilles, avec une nouvelle capture d’écran… et un nouveau record : plus de 30 000 pas. Gilles m’a raconté que vous étiez ressortis marcher à 22h30 juste pour battre notre record.
C’était tout toi, Maman : une vraie battante.
Maman était une femme profondément dévouée et aimante.
Elle a entouré son père, Pierre — que beaucoup appelaient affectueusement Pierrot — d’une présence constante et attentive. Jusqu’au bout, elle l’a accompagné avec douceur et fidélité, à l’aube de ses 100 ans, faisant de cet accompagnement un véritable acte d’amour et de respect.
Enfin, un mot pour toi Vincent : Maman était très fière de ta réussite familiale et professionnelle. Elle aurait tant aimé voir les nouveaux locaux de ton entreprise.
Maman, ton énergie, ton autonomie et ton dynamisme sont ce qui te définit le mieux. Tu as su nous aider, nous soutenir et te rendre disponible à tous les moments importants de nos vies.
Merci pour tout.
Repose en paix Maman. Tu as été, tu es et tu resteras magnifique.
Cela rappelle le Cantique des Cantiques : « L’amour est fort comme la mort, ses flammes sont des flammes de feu, une flamme divine. Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour, ni les fleuves l’emporter. »
